Douce Transgression

En hommage à R. Vecchioni et à son « Cielo Capovolto », che mi ha colpito in cuore.

Je voudrais être d’eau
Pour t’enrober, t’enrouler,
T’enlacer
De mes rubans d’écume.
Pour polir ta peau,
Longuement,
De mon tendre ressac,
Comme se lisse le sable
Alangui
Sous les vagues complices.
Et mes embruns salés
Glisseraient sur ton corps
Jusqu’à finir leur course
Au creux de tes tiédeurs
Intimes.

Je suis à tes côtés,
Immobile.
Attentive.
Tes offrandes de femme
Aux rondeurs douces-amères
gonflées de vents fertiles
M’émeuvent.
Pourtant,
Je n’ose un geste,
Ni un sanglot.
Mes mots fragiles
Restent bien sages,
Cloîtrés,
Pour ne pas te troubler
Dans ton hésitation
Timide.

Au-delà du désir
Contenu
S’écoulant de nos doigts
Qui osent se répondre,
Il y a cet instant suspendu
À la peur de s’offrir,
De passer les barrières,
De plonger
Sans pudeur ni tabou
De nos âmes à nos yeux,
De nos yeux à nos chairs.

Prends ma main,
Nous aurons peur ensemble
De ce qui nous arrive.
Et si ma bouche
Ose ce que peut-être
Nous avons toujours su,
Nous aurons à jamais,
Enchâssé dans nos corps
Ce secret souvenir
Où nos souffles farouches
Oubliant les promesses
Ont mêlé leurs saveurs.

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Françoise Jeurissen / Tinuviel
Novembre 2008

Publié dans: on 30 décembre 2008 at 10:11 Laisser un commentaire

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